En finir avec la théorie de la dominance

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En finir avec la théorie de la dominance

Message par Isa le Sam 30 Mai 2009 - 6:35

Histoire de la théorie de la dominance et quelques idées fausses

Note : Les informations contenues dans cet article sont tirées d’un entretien avec le docteur Ian Dunbar, qui a passé neuf années à étudier le comportement social des chiens dans le cadre de l’étude mentionnée ci-dessous. Dans une version plus ancienne de cet article, l’étude de 30 ans avait été attribuée au Dr. David Mech. C’était une erreur. Le chercheur qui a mené cette étude était le Dr. Frank Beach. Un effort a été fait pour corriger cette erreur.

La théorie originale de la dominance de l’alpha est née à la suite de courtes études sur les meutes de loups dans les années 40. Celles-ci étaient les premières études dans leur genre. Ces études furent un bon départ, mais des recherches plus récentes ont réfuté la plupart des résultats. Il y avait 3 défauts majeurs dans ces études :

1. Il s’agissait d’études à court terme. Les chercheurs se sont donc concentrés sur les parties les plus manifestes et évidentes de la vie des loups, telles que la chasse. Les études ne sont donc pas représentatives puisqu’elles schématisent le comportement du loup seulement sur 1% de sa vie.

2. Ces études ont observé ce qui est aujourd’hui connu comme des démonstrations rituelles. Ces démonstrations ont été mal interprétées à l’époque. Malheureusement, c’est de là qu’est issue la majeure partie du modèle de la dominance, et bien que ces considérations aient été solidement réfutées, elles continuent de prospérer dans l’opinion et la pratique du dressage canin.

Par exemple, l’alpha qui retourne l’autre chien. Les premiers chercheurs observèrent ce comportement et conclurent que le loup dont le rang était le plus élevé faisait rouler le soumis pour exercer sa dominance. Eh bien, pas exactement. Il s’agit en fait d’un rituel d’apaisement dont le SUBORDONNE a l’initiative. Le dominé offre son museau et quand le loup de plus haut rang mordille son museau, le dominé roule volontairement et présente son ventre. Il n’y a pas de rapport de force. Tout est entièrement volontaire de la part du dominé.

Un loup renverserait un autre loup contre sa volonté uniquement s’il avait l’intention de le tuer. Imaginez dès lors un seul instant ce que le fait de retourner un chien contre sa volonté peut avoir comme conséquences sur son psychique !

3. Finalement, après ces études, les chercheurs ont fait des extrapolations cavalières en transposant leurs résultats sur des modèles chien-loup, chien-chien, humain-chien. Malheureusement, ces absurdités abondent toujours.

Alors quelle est la vérité ? La vérité c’est que les chiens ne sont pas des loups. Honnêtement, si vous tenez compte du nombre de générations écoulées (entre le loup et le chien), en disant : "Je veux apprendre à interagir avec mon chien, donc je me base sur les loups". Ca a à peu près autant de sens que de dire : "Je veux améliorer mes relations avec mes parents, voyons comment font les chimpanzés".

Le Dr. Frank Beach effectué 30 ans d’études sur les chiens à Yale et à Berckley. Dix-neuf années de cette étude ont été consacrées au comportement social d’une meute de chiens (pas une meute de loups, mais bel et bien une meute de chiens).

  • Les chiens mâles ont une hiérarchie rigide.
  • Les femelles ont une hiérarchie, mais elle est plus variable.
  • Lorsque vous mélangez les sexes, les règles se confondent. Les mâles tentent de suivre leur constitution, mais les femelles ont des variations, des adaptations.
  • Les jeunes chiots ont ce que l’on pourrait appeler un "permis de chiot". En soi, ils ont le droit de faire tout ce qu’ils veulent.
  • Le "permis de chiot" est révoqué à l’âge de 4 mois environ. A ce moment-là, les chiens plus âgés situés au milieu de la hiérarchie transforment la vie du chiot en un véritable enfer en le torturant psychologiquement jusqu’à ce qu’il adopte les comportements d’apaisement appropriés et qu’il prenne sa place tout en bas de la hiérarchie. Les chiens haut-placés ignorent totalement ce processus.
  • Il n’y a pas de domination physique. Tout est accompli au travers du harcèlement psychologique. Tout est ritualisé.
  • Une petite minorité de chiens alpha montrent leur position par l’intimidation et la force. Ceux qui font cela sont rapidement destitués. Personne n’aime les dictateurs.
  • La grande majorité des chiens alpha règnent de manière bienveillante. Ils ont confiance en leur position. Ils ne se bagarrent pas pour prouver où est leur place. Procéder ainsi rabaisserait leur statut, car…
  • Les chiens situés au milieu de la hiérarchie se bagarrent. Leur position est fragile et ils veulent dépasser les autres chiens dont le rang est également au centre de la hiérarchie.
  • Les chiens situés tout en bas de la hiérarchie ne se battent pas. Ils savent qu’ils perdraient. Ils connaissent leur position et l’acceptent.
  • Alpha ne signifie pas d’être physiquement dominant. Cela signifie "maître des ressources". Beaucoup de chiens alpha sont trop petits ou trop faibles pour dominer de manière physique. Mais ils ont gagné le droit de contrôler les ressources. Un unique chien détermine quelles ressources il considère comme importantes. Ainsi, un chien alpha peut renoncer à un lieu de couchage de premier choix car il s’en fiche éperdument (puisqu’il dort où il veut).

Que signifie tout cela dans la relation homme-chien ?

  • User de n’importe quelle sorte de force physique diminue votre rang. Seuls les animaux de rang moyen qui sont peu sûrs à leur place se bagarrent.
  • Pour être l’alpha, contrôlez les ressources. Pas les choses ordinaires comme interdire le lit au chien ou le précéder pour le passage des portes. Je parle plutôt de créer un contingent de ressources liées au comportement. Le chien veut être nourri. Bien ! Demandez-lui d’abord de s’asseoir. Le chien demande à sortir. Faites-le d’abord asseoir. Il veut saluer des gens, il veut jouer ? Faites-le d’abord asseoir. Si vous êtes assez proactif pour contrôler les choses que votre chien désire, vous êtes alors l’alpha par définition.
  • Eduquez votre chien. C’est l’équivalent humain de la révocation du "permis de chiot" dans le développement du chien. Les enfants, les femmes, les personnes âgées, les personnes handicapées sont tous capables de dresser un chien. A l’inverse, très peu de gens sont capables de domination physique.
  • Récompensez les comportements de respects et d’obéissance, plutôt que les comportements présomptueux, arrivistes, désagréables ou agressifs. J’ai 2 chiens. Si l’un des deux fait le forcing devant l’autre, essaie d’obtenir quelque chose par la force, s’excite ou veut se faire remarquer, c’est l’autre qui obtient l’attention ou la nourriture. Même si c’était le premier chien qui voulait quelque chose. Tirer sur la laisse ne mènera le chien nulle part. Les portes ne s’ouvriront pas tant que les chiens ne seront pas assis et que je leur dirai qu’ils peuvent sortir. Récompensez les comportements mauvais et vous n’obtiendrez que du mauvais.


Votre job consiste à être un meneur, et non un chef ou un dictateur. Etre un meneur est une lourde responsabilité. Votre travail est de pourvoir à tous les besoins de votre chien… nourriture, eau, soins vétérinaires, besoins sociaux, sécurité, etc. Si vous ne lui fournissez pas ce dont il a besoin, il essaiera de satisfaire ses besoins par lui-même.

Dans un article récent de l’APDT (Association of Pet Dogs Trainers), le Dr. Ray Coppinger – un professeur de biologie au Hampshire College, co-fondateur du Livestock Guarding Dog Project, auteur de plusieurs livres dont "Dogs : A startling new understanding of canine origin, behavior and evolution" et membre très respecté de la communauté de l’éducation canine – explique, en référence au modèle de la dominance (et du retournement du chien) :

"Je ne peux imaginer aucune situation de dressage où je souhaiterais voir mes chiens répondre par la peur et incapables de bouger et de réagir. Jamais je ne voudrais que mes chiens pensent à la hiérarchie sociale. Car une fois qu’ils y penseront, ils passeront leur temps à essayer de trouver comment monter d’un rang dans la hiérarchie. "

C’est un bon résumé, n’est-ce pas ?

© 2001 – Melissa C. Alexander
© 2003 - Traduction - Emma


Dernière édition par Isa le Lun 1 Mar 2010 - 10:42, édité 1 fois
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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par loloarco le Lun 1 Juin 2009 - 6:54

Merci Isa Very Happy
Dis-moi, je peux piquer le texte pour le mettre sur un autre forum? J'ai quelques grandes gueules à fermer et avec un texte bien rédigé et des noms connus, ça marchera sans doute bien mieux qu'avec mes mots à moi Twisted Evil

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Isa le Lun 1 Juin 2009 - 7:45

Pique !..
J'ai trouvé ce texte ici : http://www.mydogs.ch/
mais je pense que les auteurs ne nous en voudront pas de diffuser l'info ...!
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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par loloarco le Lun 1 Juin 2009 - 11:47

Merci ;-) Je viens de créer un post sur l'autre forum ; je m'attends aux foudres Laughing

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par loloarco le Mar 2 Juin 2009 - 11:20

Hi, hi, comme je le prévoyais, plein de réactions au post Very Happy Des gens contents que je mette le sujet et d'autres (jaloux et c..) qui critiquent comme d'hab en disant que si, la domination est bien présente Wink
Moi, je rigole, je n'ai fait aucun commentaires, je les laisse s'énerver sur le sujet tous seuls Twisted Evil

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Invité le Jeu 6 Mai 2010 - 16:58

ça, c'est un super texte, et ça approfondit des choses que je sentais seulement.
je diffuse!

merci beaucoup!!

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Invité le Jeu 17 Juin 2010 - 15:05

Texte en parti traduit par micmax, du forum VLC qu'isa et loloarco connaissent ! c'est assez long, alors bonne lecture....



_________________

Résumé [b]critique d'article: la dominance chez le chien



Présentation du papier, et des auteurs:

Bonjour, je voudrais vous parler d’un article paru dans le numéro de mai/juin 2009 de Journal of veterinary Behavior.

Il a été rédigé par l’équipe de l’université de Bristol en Angleterre en charge des études sur les bien être et le comportement animal. Il s’agit d’un article scientifique tout ce qu’il y a de plus sérieux, dont la publication a été validée par un comité de lecture de spécialistes.

Voici la référence :

Bradshaw,
J. W. S., Blackwell, E. J. & Casey, R. A. 2009. Dominance in dogs-useful construct or bad habit. Journal of Veterinary Behavior, 4, 135-144.

Vous pouvez le télécharger : http://www.pawsoflife.org/pdf/Library%20articles/Bradshaw%202009.pdf

Le titre peut donc se traduire ainsi : La dominance chez les chiens domestiques – concept utile ou mauvaise habitude ?

Pour les habitués de ce forum ou du monde cynophile en général, vous connaissez très certainement la problématique qui enfle depuis quelques années autour du concept de dominance, entraînant excès de verve et de voix. Pour les petits nouveaux et pour ceux qui dormaient au fond de la classe voilà résumé assez brièvement le souci :

Au vu de la proximité entre chiens et loups (qui sont de la même espèce au sens strict), et étant donné que la littérature lupine a longtemps été plus fournie que la littérature canine, l’idée est née que meute de chien = meute de loup = meute humain/chien. Les meutes de loups ayant une hiérarchie stricte entre elles, il faudrait en établir une similaire avec nos chiens. Mais depuis la fin des années 1990, un courant de pensée issu des limbes du monde des comportementalistes et des éducateurs canins remet en question le dogme multi décennal : le chien est très différent du loup, il n’y a pas de
hiérarchie possible entre homme et chien.

Ô toi esprit sacrilège
qui lit ces lignes d’un œil torve en te disant « Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? », sache que selon la validité de l’une ou de l’autre de ces théories, la vie que nous partageons avec nos compagnons à 4 pattes n’est pas du tout la même.

Peut-on laisser notre chien dormir avec nous ? Partager le canapé ? Le faire manger a table ? Apporter un nouveau chien adulte dans une meute sans prendre trois tonnes de précautions ?

Ces questions et de nombreuses autres trouveront des réponses lorsque nous saurons définitivement si oui ou non nos chiens ont besoin de hiérarchie, si celle-ci doit s’imposer de la même façon qu’entre les loups et si elle se base sur les mêmes facteurs.

Cet article est, à mon sens, partisan d’une des deux hypothèses. Sa lecture peut donc laisser penser que ça y est, la question est bouclée, on peut
se laisser aller tête baissée. Mais même si ce document apporte des pistes de réflexions intéressantes et quelques éléments de réponses, la question est toujours ouverte et elle le restera je pense encore un peu de temps.

Le texte étant en anglais et surtout en langage scientifique (donc totalement hermétique), je me propose : 1) de vous faire cadeau d’un petit résumé, 2) de faire la critique de l’article, 3) de dresser une conclusion de ce que l’on peut tirer de ce papier.

1) RESUME DE L’ARTICLE :

Introduction :

Les auteurs commencent par rappeler que le terme de « dominance » est utilisé à toutes les sauces que ce soit pour catégoriser ou expliquer le comportement des chiens domestiques. Ils rappellent que l’hypothèse selon laquelle les chiens sont très motivés par l’établissement de relations hiérarchique est très répandue et qu’elle est désormais critiquée, notamment dans la gestion de l’agression envers les congénères ou les humains.

Les auteurs veulent insister sur 3 points :
a) l’usage inapproprié du mot « dominance » pour caractériser un chien en tant qu’individu (le sempiternel « mon chien est dominant »)
b) l’utilisation de modèles définissant l’organisation sociale des loups, dépassés de longue date, pour expliquer le comportement canin
c) l’utilisation de la « dominance » comme caractéristique pour déterminer aussi bien les relations entre chiens qu’entre chiens et maîtres.

L’utilisation inappropriée du mot « dominance » pour la description d’un seul individu :

Dans cette partie, les auteurs critiquent l’utilisation du terme « dominant », même dans de la littérature vétérinaire, comme trait de caractère d’un chien seul. Ils nous présentent à titre d’exemple des phrases que l’on peut aussi croiser dans la littérature française : « le chien dominant sait ce qu’il veut et se débrouille pour l’avoir de toutes les façons possibles » (Kovary, 1999), il faut pratiquer le « roulé alpha » pour « soumettre » le chien et « lui montrer qui est le boss » (Monks of New Skete, 1978).

Les auteurs insistent donc sur le fait qu’en éthologie (la science du comportement), la « dominance » se réduit à décrire une relation entre individus et non des individus (Langbein & Puppe, 2004).

Définition de la dominance (Drews, 1993) : caractéristiques du pattern (ndt : comprendre ici schéma comportemental) des interaction agonistiques
répétées entre deux individus, où l’issue est constamment en faveur du même individu et où l’opposant adopte une réponse de capitulation plutôt que de favoriser l’escalade
(ndt : de l’agression). Le statut du gagnant invariable est alors dit dominant et le statut du perdant, subordonné.

La dominance est donc utilisée pour décrire les relations entre deux individus. Mais dans le cas ou les individus vivent dans un groupe de plus de deux individus, ces relations de dominance/subordination peuvent (ou non) se combiner pour créer une hiérarchie. On peut ensuite attribuer un « rang de dominance » au sein de ce groupe mais un individu avec un rang élevé dans ce groupe pourra avoir un rang inférieur si placé dans un autre groupe.

Les auteurs citent en exemple l’hypothèse du « né Alpha » chez le loup qui a été testée et rejetée. Un loup ne naît pas « alpha », s’il se retrouve un jour à la tête d’une meute, cela est dû à des changements dans son tempérament selon des variations physiologiques et dans certaines circonstances sociales (Fentress et al., 1987).

L’utilisation de la « dominance » dans la description de la qualité d’une relation :

Les auteurs rappellent qu’en éthologie, le terme dominance a pu être utilisé dans au moins 4 contextes : a) dans un sens fonctionnel, où les individus sont dominants s’ils ont un accès prioritaire aux ressources clés (nourriture, reproduction), b) afin de décrire les résultats d’interactions répétées entre plusieurs individus, c) afin d’établir un « ordre » où un individu subordonné inhibe ses comportements agonistiques par peur d’individus despotiques (dominants), d) et afin d’expliquer des absences d’agression, la majorité des conflits étant résolus par l’adoption de displays (ndt : comportements ritualisés) et où un individu se soumet constamment à un l’autre plutôt que par des combats (Drews, 1993).

Est ensuite rappelé qu’une relation de dominance dépend de la fréquence des interactions entre les individus et de la durée de celles-ci. Dans certains cas cette relation est temporaire, ne se présentant que pour l’accès à des ressources particulières. Dans des groupes sociaux permanents les relations de dominance peuvent tout aussi bien varier suivant les circonstances que rester les mêmes dans tous les contextes. Selon cette dernière hypothèse d’ailleurs, on suppose que les individus en cause sont en compétition pour le rang le plus haut et qu’une fois acquis, celui-ci donne le droit d’accès à toutes les ressources.

Les auteurs répètent ensuite que la dominance doit être utilisée pour les interactions entre deux individus et que, si plus d’animaux sont concernés, on peut éventuellement voir apparaître une hiérarchie. Ils nous présentent ensuite quelques exemples :

Hiérarchie transitoire : Alpha > Beta > Gama > Omega (ndt : que l’on retrouve chez les poules)
Hiérarchie non transitoire (en triangle) :A > B ; B>C ; C>A (ndt : que l’on retrouve chez les vaches)
Structure au sein d’une meute de loups en captivité :
Male reproducteur
!
\
! Femelle reproductrice
Male
subordonné !
!
Femelle subordonnée
Male sub-adulte !

! Femelle sub-adulte
Louveteau male
!
Louveteau femelle

La question est ensuite posée de savoir si les hiérarchies sont perçues par les animaux ou si elles sont surtout utiles aux scientifiques observateurs qui essayent de construire leurs modèles.

Les auteurs nous indiquent donc que dans la plupart des espèces vertébrées sociales et notamment les chiens, sont capables d’inférer les relations
entre individus tiers (Rooney & Bradshaw, 2006) (traduction : par l’observation, les chiens sont capables de deviner quelles sont les relations de dominance/subordination régissant les interactions entre plusieurs individus).

Le loup :

Les auteurs répètent que, le chien descendant du loup, il est souvent argumenté que la formation de groupes sociaux chez le chien est similaire à celle du loup (Feddersen-Petersen, 2007; Lindsay, 2000; Sherman et al., 1996) y compris dans leur relation avec d’autres espèces présentes dans le
groupe social (humain surtout). Les auteurs signalent ensuite que cette théorie de la « meute de loups » et surtout de ses application est désormais mise a mal, principalement par le fait que la littérature sur laquelle elle est basée est obsolète.

En effet, la structure la plus populaire est la hiérarchie transitoire. Cependant, les meutes de loups en captivité sont (comme nous l’avons vu précédemment) basées sur le sexe et l’âge. Enfin, le suivi de meutes de loups sauvages sur de longues périodes (Mech, 1999) a illustré que celles-ci étaient constituées des parents, couple reproducteur au sommet de la hiérarchie, suivis de leurs enfants de moins de 3 ans (qui, au plus tard à cet âge, quittent la meute pour former la leur), suivis des jeunes de l’année précédente puis des louveteaux de l’année en cours. Cette hiérarchie est
également basée sur le sexe et les interactions peuvent être complexes (cf. fig 1.d sur le .pdf joint). Dans ces meutes sauvages, la compétition pour la dominance est rare, tout comme les agressions. Le terme de signaux de soumission est même parfois remplacé par signaux d’apaisement car ils sont spontanés de la part des jeunes envers leurs parents et non pas provoqués par une agression.

Les auteurs concluent ce paragraphe en signalant que les comportements agonistiques souvent observés en captivité et sur lesquels ont été basées les études sur la hiérarchie sur le loup dans les années 70 peuvent être le résultats des conditions environnementales (captivité, individus non familiers, pas de possibilité de disperser (partir fonder une autre meute)).

King (2004) en a déduit que faire une analogie entre les meutes de loups captifs et les chiens domestiques vivant a la maison était la plus simple pour expliquer les problèmes d’agression entre ces chiens. Cependant, une étude de Lockwood (1979) n’a pas trouvé de corrélations entre hiérarchie et agression ce qui invaliderait l’hypothèse de King. Toutefois, il faut mentionner que dans l’expérience de Lockwood, il est possible que la meute observée se soit scindée en 2 sous-meutes et la grande quantité d’agressions non reliées à des relations de dominance/subordination pourraient s’expliquer par des
luttes territoriales.

Les chiens sauvages :

Beaucoup de scientifiques se sont posés la question des effets de la domestication sur le comportement social du chien, des études ont prouvées que celui-ci à changé (Hare & Tomasello, 2005; Miklosi, 2007).

Ce paragraphe s’intéresse donc au fonctionnement des groupes de chiens retournés à l’état sauvage.

Les auteurs signalent 5 études réalisées entre 1975 et 1995 déjà reprises par van Kerkhove (van Kerkhove, 2004). Etudes ayant mené à la conclusion que la structure des meutes de chiens sauvage était assez lâche, qu’il n’y avait pas de coopération entre les individus, notamment dans l’élevage
des jeunes ou l’obtention de nourriture. Cependant ceci pourrait avoir pour origine les régulières interférences dues à l’homme (chasse, empoisonnements etc.) plutôt qu’à une perte de capacité.

En revanche, un suivi fait par l’équipe de Pal (Pal, 2003; Pal, 2005; Pal et al., 1998; Pal et al., 1999) pendant plusieurs années et sur des centaines d’individus a permit de détecter des groupes sociaux cohérents. Ces groupes étaient composés d’individus apparentés, ayant un territoire et étant hostiles aux autres communautés voisines. Comportement social par le fait analogue à celui des meutes de loups sauvage avec quelques variations (faible suppression de la reproduction chez les femelles subordonnées par exemple mais pouvant s’expliquer par le fait que la nourriture n’est pas un facteur limitant). Les individus de ces meutes peuvent coopérer pour récupérer de la nourriture et élever les jeunes.

Enfin les comportements ritualisés de dominance/subordinations ont été bien moindre chez les chiens observés par Pal et ses collègues que chez les meutes de loups mais ont tout de même permis d’établir une hiérarchie stable dans 2 études.

Les auteurs indiquent l’invalidité du « modèle loup » pour expliquer le fonctionnement de ces meutes de chiens car même si une forte territorialité existe (2 fois plus d’agression entre membres de groupes différents qu’entre membres du même groupe), les chiens font preuve entre meutes différentes de beaucoup plus de comportements de soumission que ne le feraient des meutes de loup.

Les auteurs en concluent que même si les chiens sont laissés libre d’interagir comme ils le veulent, ils ne reforment pas des groupes similaires à une meute de loups en liberté.

Comportement social des chiens stérilisés :

Les auteurs ont relevé dans les études de Pal et son équipe que dans les meutes sauvages, les comportements agonistiques étaient souvent causés par des luttes pour l’accès à un territoire ou à un partenaire sexuel. Les chiens de compagnie étant souvent stérilisés, les auteurs ont voulu vérifier la présence ou absence de hiérarchie au sein d’une meute de 19 chiens mâles adultes stérilisés vivant en captivité dans un enclos de 0,28ha (Bradshaw et al., données non publiées).

Aucune hiérarchie n’a pu clairement être mise en évidence, certains chiens interagissaient beaucoup, d’autres moins, certains faisaient plus preuve de comportements agonistiques, d’autres de soumission.

Cependant les auteurs ont pu former 3 sous-groupes de chiens :
a) les ermites (3) : n’interagissaient que très rarement avec les autres,
b) les outsiders (7+1) : qui interagissaient un peu plus avec d’autres chiens mais sans claire relation de dominance /subordination sauf un individu revenant parfois agresser un autre,
c) les insiders (Cool, agissant de façon dominante sur 2 à 5 des outsiders et interagissant beaucoup entre eux. Ils ont eu entre eux des relations de dominance/subordination mais les auteurs n’ont pas pu révéler une constance dans ces résultats.

Une approche alternative à l’interprétation des interactions sociales entre chiens :

Ne trouvant pas de hiérarchie de dominance chez le chien, les auteurs veulent expliquer les relations d’agression entre chiens domestiques par le modèle du RHP. RHP pour Ressource Holding Potential ou potentiel à s’approprier les ressources (Parker, 1974).

Ce modèle RHP se passe d’interactions de longue date entre les individus (base de la dominance) et prédit simplement l’issue d’une bataille entre deux
animaux selon la valeur subjective de la ressource pour chacun (ndt : Plus on perçoit que cette ressource vaut cher, plus on va la défendre, cette estimation de valeur varie entre les individus selon leur expérience avec la ressource concernée. C’est celui qui considère le plus la ressource comme sienne qui va le plus s’investir dans sa protection et qui remportera certainement le conflit).

Cependant ce modèle du RHP peut prédire l’apparition d’une hiérarchie suivant l’histoire des rencontres entre les animaux. Ceci peut expliquer pourquoi lorsqu’on sépare puis reforme des groupes après un certain temps, la hiérarchie de dominance peut changer du tout au tout. Les valeurs subjectives des ressources ont pu changer, l’état physiologique des individus aussi, ils ont pu avoir d’autres interactions avec des conspécifiques qui leur auront donné un tempérament plus fort etc…

Cependant, si le RHP reste faible (peu de motivation à prendre les ressources), ce modèle prédit qu’il y aura des relations de dominance/subordination
entre individus (par groupe de 2) mais que cela ne donnera pas nécessairement l’établissement d’une hiérarchie générale (van Doorn et al., 2003).

Utilité du concept de dominance dans l’interprétation des interactions entre chiens domestiques :

Les agressions entre chiens de famille sont souvent interprétées en termes de dominance et d’existence d’une hiérarchie entre les chiens du
domicile et certains auteurs pensent que la capacité à former des hiérarchies dépend des races (Feddersen-Petersen, 2007; Mertens, 2004).

Les auteurs pensent que outre le model RHP, les interactions sociales chez les chiens peuvent simplement résulter du contexte et des expériences
précédentes. Les relations étant alors simplement issues d’apprentissages associatifs (ndt : type Pavlovien ou Skinerien).

Les auteurs citent un exemple : quand deux chiens se rencontrent pour la première fois, ils n’ont aucune possibilité de savoir la réaction l’un de l’autre dans quelque contexte que ce soit. Après plusieurs réponses répétées, ils apprennent à reconnaître des indices spécifiques pouvant prédire une réponse positive ou négative de la part de l’autre individu, graduellement, ils vont apprendre comment l’autre chien répondra dans une grande variété de contextes.

Les auteurs indiquent que leur théorie permettrait d’expliquer pourquoi on aurait l’impression d’une hiérarchie entre individus d’un groupe stable, et que celle-ci ne soit pas visible dans des groupes changeant souvent de configuration.

Dans les groupes stables, ceci permet également d’expliquer la stabilité et le maintien de la « relation de dominance » entre les plus vieux et les
plus jeunes. Il n’y a pas de raisons pour un changement avant qu’une variation environnementale ou dans la relation au sein d’une dyade ne change.

Pour les auteurs donc, le terme de « dominance » est inadapté aux relations entre chiens. La simple conscience, de la part des cliniciens du comportement canin, de la valeur des apprentissages associatifs suffirait à appréhender la complexité des systèmes sociaux chez les chiens domestiques.

Interactions entre chiens et humains :

Les auteurs pensent que tout comme pour les interactions entre chiens, le terme de relation de dominance ne correspond pas aux agressions sur l’homme.

Ils expliquent par exemple qu’un chien ayant eu une première punition de la part de son maître va associer un certain état de son maître à l’arrivée d’une
punition et provoquer l’expression de comportements d’apaisement. Si ceux-ci ne sont pas respectés, il se peut que le chien morde pour se défendre et là, la plupart du temps l’agression s’arrête.

Dans ce cas, le chien n’est donc pas dominant par rapport à son maître, il s’agit d’un comportement de défense qui, une fois renforcé, a pu être
interprété comme issu d’une volonté d’acquérir un statut de dominance.

Conclusion :

Les auteurs concluent que le terme dominance à été utilisé dans trop de contextes, et souvent mal utilisé car basé sur des modèles loups mal compris et datant de plus de 30 ans. De plus, de précédentes observations (Lockwood, 1979; Pal, 2003; Pal, 2005; Pal et al., 1998; Pal et al., 1999) et leur expérience personnelle (Bradshaw et al., données non publiées) montrent que : même si laissés libre de gérer leur relation comme ils veulent ils n’adoptent pas un comportement social de type loup entre eux.

Ils considèrent que la stérilisation rompt la socialité au point qu’aucune hiérarchie ne soit discernable (voir la description de Bradshaw et al., données non
publiées). Ceci rendrait, selon eux, questionnable la possibilité que la théorie d’une relation de dominance soit à l’origine des agressions entre chien. Ceci étant encore plus improbable entre chiens et humains compte tenu de la difficulté de la communication interspécifique.

Ils en déduisent donc que plutôt que de partir sur d’hasardeuses traces de dominance, mieux vaut se baser sur des principes plus simples d’apprentissage associatif et sur la valeur subjective qu’un individu peut attribuer à une ressource.

2) CRITIQUE :

Cet article est très intéressant pour tout propriétaire de chien. Il résume assez brièvement et simplement de nombreux concepts de l’éthologie (RHP, apprentissages associatifs, cognition sociale, hiérarchie, relation de dominance) et j’espère avoir réussi à le transmettre à travers ce résumé.

Effectivement, aujourd’hui le terme de dominance est utilisé n’importe comment que ce soit par les dresseurs animaliers, les éducateurs, les comportementalistes, les vétérinaires et même certains éthologistes et ce quelque soit le pays. Non seulement elle sert à déterminer un trait de caractère alors qu’elle ne devrait servir qu’à décrire des relations dyadiques. De plus elle est utilisée souvent en remplacement du terme hiérarchie. La hiérarchie découle des interactions de dominance/subordination au sein des individus d’un groupe, elle représente une vue d’ensemble. Enfin, le modèle présenté le plus souvent au grand public est un modèle obsolète qui, de plus, est souvent mal compris.

Cet article fait bien la différence entre les groupes sociaux de loups en captivité et ceux vivant en liberté, toutefois, ils mettent en avant l’étude de Lockwood (1979) en avant pour dire qu’en captivité, les loups n’adoptent pas de hiérarchie claire. Cependant, ils nous préviennent également que cette étude à pu présenter ces résultats suite à une scission de la meute et qu’il est possible qu’une seule hiérarchie claire n’ai pu être trouvée pour la simple
raison que deux meutes se côtoyaient dans un espace restreint (donc deux hiérarchies) En terminant leur paragraphe ainsi, ils vont à l’encontre de la théorie de King (chiens à la maison = loups captifs) sans aucun argument vraiment probant.

Par la suite, les auteurs nous rappellent, ce qui est vrai, que la cognition sociale du chien (la capacité à acquérir, stocker, manipuler et restituer de l’information, sociale en l’occurrence) a évoluée avec la domestication. En effet, les chiens ont développé des moyens de communication que l’on suppose
entièrement dédiés à la communication avec l’homme (aboiements entre autres). Ils sont également capables d’un niveau de compréhension des signaux humains plus élevé que les primates (Hare & Tomasello, 2005) ou que les loups (Miklosi, 2007) sauf imprégnation à l’homme très précoce (Viranyi et al., 2008).

Par la suite, les auteurs nous présentent plusieurs études sur les chiens sauvages et détaillent celles de Pal et son équipe qui ont trouvés des résultats forts sur la similitude entre l’organisation de ces meutes et celles de loups sauvages. La seule différence étant au niveau de la reproduction moins «
fidèle » que chez le loup avec peu de suppression des chaleurs chez les femelles de bas rang. Ce qui peut arriver chez les loups aussi pour peu que les ressources alimentaires soient suffisamment disponibles, ce qui est le cas pour les chiens revenus à l’état sauvage se nourrissant principalement de détritus dans les villes.

Cependant, les auteurs font table rase de ces informations pour mettre en avant des études où les groupes de chiens se formant ne peuvent rester ensemble durablement notamment à cause des tentatives pour limiter leur prolifération dans certains pays.

La définition du concept de dominance illustre bien une notion de temps nécessaire pour que ce type de relation s’installe. Drews 1993 : […] des interaction agonistiques répétées entre deux individus […]. Si les animaux n’ont pas le temps nécessaire de se placer les uns par rapport aux autres, il est clair qu’aucune hiérarchie ne peut apparaître.

Concernant l’étude mentionnée sur les chiens stérilisés, le même argument peut peser vu qu’on ne sait pas combien de temps a duré cet allotement (pas de données publiées). De plus, il s’agit d’un groupe d’individus du même sexe, comportant énormément d’individus et dans un espace extrêmement
restreint. Finalement, les prémices de mise en place d’une hiérarchie parmi ces chiens et l’établissement de relations de dominance/subordination dans ces circonstances seraient sûrement plus à mettre au profit de la thèse adverse à celle avancée par les auteurs, à savoir : l’existence d’une tendance à la hiérarchisation des groupes sociaux chez le chien.

Cette expérience, est plutôt en faveur de l’hypothèse de Mertens (2004) et de Feddersen-Petersen (2007) selon laquelle il existe des variations selon les races et selon le tempérament des chiens à agir de façon plus ou moins assurée/submissive face à un congénère. Même si cette étude ne parle pas de race, elle illustre au moins des différences individuelles.

Enfin, considérant la théorie du RHP et des apprentissages. Nous avons vu que la hiérarchie pouvait être utilisée pour expliquer l’accès favorisé aux
ressources d’un individu par rapport aux autres animaux de son groupe social. Nous avons aussi vu que l’établissement d’une relation de dominance/subordination était basé sur l’apprentissage des interactions agonistiques répétées.

La théorie du RHP et les apprentissages ne sont donc pas contraires à l’établissement d’une relation de dominance/subordination ou d’une hiérarchie, ce sont eux qui provoquent sa mise en place.

Pour finir, considérant l’homme, un minuscule paragraphe est proposé et ne répond aucunement à la problématique actuelle. Si effectivement les chiens n’établissaient ni relation de dominance/subordination ni hiérarchie dans leurs groupes sociaux, il serait étonnant que ce soit le cas avec l’homme. En revanche, si eux établissent ces relations entre eux, la question reste ouverte.

3) CONCLUSION :

En conclusion, on peut donc dire que cet article cherche à lutter contre l’utilisation clinique d’une théorie obsolète et mal comprise de la dominance.

Les auteurs arrivent également à transmettre le flou actuel dans lequel se situent les spécialistes du comportement en ce qui considère l’existence ou non de hiérarchie dans les meutes de chien. Cependant, ils soulignent involontairement (même s’ils les ignorent par la suite) les éléments en faveur de cette « tendance à l’établissement d’une hiérarchie » entre chiens (inférence des relations entre individus tiers, hiérarchies « type loup » dans les études de Pal et de son équipe). Ils ne fournissent en revanche aucune réponse argumentée à ce qu’il en est pour la relation homme/chien.

Cet article soulève toutefois un point intéressant pour les cliniciens du comportement (vétérinaires, éducateurs, comportementalistes etc…), en illustrant la complexité des règles d’établissement des relations de dominance/subordination chez les chiens et l’importance de concepts simples comme les apprentissages associatifs dans l’approche d’un souci de « chien dominant » ou agressif.


REFERENCES :

Drews,
C. 1993. The concept and definition of dominance in animal behaviour. Behaviour, 125, 283-313.

Feddersen-Petersen, D. U. 2007. Social behaviour of dogs and related canids. In: The Behavioural Biology of Dogs (Ed. by Jensen, P.), pp. 105-119. Wallingford, UK: CAB International.

Fentress, J. C., Ryon, J., McLeod, P. J. & Havkin, G. Z. 1987. A multidimensional approach to agonistic behaviour in wolves. In: Man and wolf: Advances, Issues and Problems in Captive Wolf Research (Ed. by Frank, H.), pp. 253-274. Dordrecht, The Netherlands: Dr. Junk Publishers.

Hare, B. & Tomasello, M. 2005. Human-like social skills in dogs? Trends Cog. Sci., 9, 439-444.

King, T. 2004. Comment on van Kerkhove's commentary. J. Appl. Anim. Welf. Sci., 7, 293-294.

Kovary, R. 1999. Taming the dominant dog. American Dog Trainers Network : http://www.inch.com/~dogs/taming.html.

Langbein, J. & Puppe, B. 2004. Analysing dominance relationships by sociometric methods-a plea for a more standardised and precise approach
of farm animals. Appl. Anim. Behav. Sci., 87, 293-315.

Lindsay, S. R. 2000. Handbook of Applied Dog Behavior and Training, Volume 1, Adaptation and Learning. Ames, Iowa: Iowa State University Press.

Lockwood, R. 1979. Dominance in wolves. In: The Behavior and Ecology of Wolves (Ed. by Klinghammer, E.), pp. 225-244. NY: Garland STPM Press.

Mech, L. D. 1999. Alpha status, dominance and division of labor in wolf packs. Can. J. Zool., 77, 1196-1203.

Mertens, P. A. 2004. The concept of dominance and the treatment of aggression in multidog homes: a comment on van Kerkhove's commentary. J. Appl. Anim. Welf. Sci., 7, 287-291.

Miklosi, A. 2007. Human-Animal interactions and social cognition in dogs. In: The Behavioural Biology of Dogs (Ed. by Jensen, P.), pp. 205-222. Wallingford, UK: CAB International.

Monks of New Skete, T. 1978. How to be your dog's best friend. Boston, MA.

Pal, S. K. 2003. Urine marking by free ranging dogs (Canis Familiaris) in relation to sex, season, place and posture. Appl. Anim. Behav. Sci., 80,
45-59.

Pal, S. K. 2005. Parental care in free-ranging dogs. Canis familiaris. Appl. Anim. Behav. Sci., 90.

Pal, S. K., Ghosh, B. & Roy, S. 1998. Agonistic behaviour of free-ranging dogs (Canis familiaris) in relation to season, sex and age. Appl. Anim. Behav. Sci., 59, 331-348.

Pal, S. K., Ghosh, B. & Roy, S. 1999. Inter- and intra-sexual behaviour of free-ranging dogs (Canis Familiaris). Appl. Anim. Behav. Sci., 62, 267-278.

Parker, G. A. 1974. Assessment strategy and the evolution of animal conflicts. J. Theor. Biol., 47, 223-243.

Rooney, N. J. & Bradshaw, J. W. S. 2006. Social cognition in the domestic dog: behaviour of spectators toward participants in interspecific games. Anim. Behav., 72, 343-352.

Sherman, C. K., Reisner, I. R., Taliaferro, L. A. & Houpt, K. A. 1996. Characteristics, treatment, and outcome of 99 cases of aggression
between dogs. Appl. Anim. Behav. Sci., 47, 91-108.

van Doorn, G. S., Hengeveld, G. M. & Weissing, F. J. 2003. The evolution of social dominance. II: Multi-player models. Behaviour, 140.

van Kerkhove, W. 2004. A fresh look at the wolf-pack theory of companion animal dog social behavior. J. Appl. Anim. Welf. Sci., 7, 279-285.

Viranyi, Z., Gacsi, M., Kubinyi, E., Topal, J., Belényi, B., Ujfalussy, D. & Miklosi, A. 2008. Comprehension of human pointing gesture in young
human-reared wolves (Canis lupus) and dogs (Canis familiaris). Animal Cognition, 11, 373-387.

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Isa le Jeu 17 Juin 2010 - 17:03

Long mais super intéressant ! I love you Merci mag !
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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par loloarco le Ven 18 Juin 2010 - 6:45

Oui, Micmax ne sait pas faire court lol! mais il fait bien Wink

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Invité le Dim 20 Juin 2010 - 19:44

très intéressant!

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Invité le Lun 25 Oct 2010 - 15:38

très intéressant mais j'ai pas tous saisi. J'ai surtout ressenti qu'au final les études on prouvé qu'on ne savais rien et que chacun pouvait avoir sa propre interprétation du comportement canin.

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Isa le Mar 26 Oct 2010 - 5:20

Alors relis encore le texte... C'est que tu n'as pas exactement tout saisi.
& si tu abordes l'éducation d'un chien primitif en appliquant la théorie de la dominance, tu vas au devant de soucis Wink
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Re: En finir avec la théorie de la dominance

Message par Invité le Mar 26 Oct 2010 - 8:13

lol c'est bien ce que je disais : j'ai pas tout saisi Very Happy

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Re: En finir avec la théorie de la dominance

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